Le secrétaire général des Nations Unies est arrivé mercredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), pour une tournée dans la région des Grands lacs. Cette visite doit notamment le conduire à Goma (est), où des combats se poursuivent entre rebelles du M23 et armée.
Venu du Mozambique, Ban Ki-moon a été accueilli à l’aéroport de Kinshasa par le ministre congolais des Affaires étrangères Raymond Tshibanda. Il doit rencontrer en fin de matinée le chef de l’Etat Joseph Kabila, puis dans l’après-midi plusieurs ministres, les représentants des assemblées et de la société civile.
En ville sur la route de son hôtel, une grande affiche avec son portrait a été apposée disant « Merci ». M. Ban est accompagné du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, et par sa représentante spéciale dans la région, Mary Robinson. Herve Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, les accompagne. La délégation est attendue jeudi à Goma, capitale du Nord-Kivu.
« UNE SITUATION PRÉOCCUPANTE »
Tirs près d’un camp de réfugiés
A la veille de la visite du secrétaire général de l’ONU, le mouvement rebelle M23 affronte à une dizaine de kilomètres au nord de Goma l’armée gouvernementale pour la troisième journée consécutive.
Des tirs ont atteint Muguet, une localité à l’ouest de Goma qui abrite des camps de déplacés, selon un haut gradé de l’armée. Selon une source de l’ONU, « il y a eu des tirs à l’arme lourde, apparemment même des obus, qui ont été lancés dans le quartier de Muguet mais les tirs n’ont pas atteint les camps ».
Selon cette source, des habitants des camps commencent à converger vers Goma « de façon préventive ». Lundi, la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) avait annoncé qu’environ 800 personnes s’étaient dirigées vers la capitale provinciale pour fuir les combats dans la zone de Mutaho.
Depuis lundi, et après plusieurs mois de trêve, les combats ont repris entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 dans la zone de Mutaho, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma. Les deux camps s’accusent mutuellement d’ avoir relancé les hostilités.
En novembre, les hommes du M23 avaient mis en déroute la garnison gouvernementale et s’étaient brièvement emparés de Goma, malgré la présence de milliers de casques bleus de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco). Depuis, les pourparlers de paix engagés en Ouganda entre le gouvernement de Kinshasa et les insurgés marquent le pas.
« La situation est préoccupante, des civils sont désormais pris entre deux feux », a reconnu Ida Sawyer, chercheuse congolaise de HRW. Plus de 30 000 personnes ont fui leur camp de déplacés dans la région, a indiqué le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Le bilan des affrontements reste incertain : le gouvernement a évoqué 19 morts (15 rebelles et 4 soldats), et le M23 a indiqué que « deux officiers » de l’armée avaient été tués.
Une de solution precaire »ACCÉLÉRER LE DÉPLOIEMENT » DE LA MONUSCO
Formé d’anciens soldats qui se sont mutinés en avril 2012, le M23 tient son nom de l’accord de mars 2009, qui a mis fin à une autre insurrection au Nord-Kivu et permis l’intégration des rebelles au sein des forces gouvernementales. Il est formé de Tutsis rwandais qui revendiquant leur appartenance au sol congolais juste pour embellir l’occupation rwandaise à l’Est du Congo qui a pour objectif de s’emparer de cette région riche en minerais. A l’origine, ils accusaient Kinshasa de ne pas respecter les conditions de leur réintégration dans l’armée. Ils ont ensuite élargi leur revendications s’appuyant même sur les revendications de la diaspora congolaise qui est jusqu’à présent mis de côté par peur de la communauté international qui se sent culpabiliser dans la crise congolaise.
Dissensions et défections ont affaibli le mouvement ces derniers mois, tandis que l’armée congolaise se réorganisait après l’humiliation de novembre à Goma. Un responsable du M23 a assuré que son mouvement n’avait pas l’intention de s’emparer de Goma.
par Lucien NGANDO
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